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Deuil

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Pourquoi la perte d’un animal de compagnie est-elle si douloureuse?

L’attachement, les habitudes et le regard des autres : comprendre la force de cette peine pour mieux l’accueillir.

Un homme face à face avec son petit chien âgé

La perte d’un animal de compagnie est si douloureuse parce que le lien qui nous unit à lui est un véritable attachement, au sens où les psychologues l’entendent. Il était présent chaque jour, il dépendait de nous, il nous offrait une affection sans condition. Sa disparition touche à la fois le cœur, les habitudes et parfois l’image que l’on a de soi. Cette peine n’a rien d’excessif : elle mesure ce qu’il représentait.

Pourquoi développe-t-on un attachement profond à son animal?

En psychologie, la théorie de l’attachement, développée par John Bowlby, décrit les liens qui nous procurent un sentiment de sécurité et de réconfort. Des chercheurs qui étudient la relation entre les humains et les animaux ont observé que plusieurs propriétaires vivent avec leur animal une relation qui présente ces caractéristiques : on cherche sa présence, il nous apaise, son absence nous inquiète.

Plusieurs éléments expliquent la force de ce lien :

  • une affection sans jugement. Un animal ne critique pas, ne garde pas rancune. Il nous accueille de la même façon les bons comme les mauvais jours;
  • une relation de soin. On le nourrit, on le soigne, on le protège. Pour beaucoup de gens, ce rôle ressemble à celui d’un parent;
  • une présence constante. Contrairement aux humains, qui partent travailler ou vivent ailleurs, l’animal est là, tout le temps;
  • un témoin de notre vie. Il a souvent traversé avec nous un déménagement, une séparation, la naissance d’un enfant, une maladie.

Comment sa disparition bouleverse-t-elle le quotidien?

La mort d’un animal laisse un vide à des moments très précis de la journée. Le bruit des griffes sur le plancher, l’heure du repas, la promenade du soir, le poids sur les pieds au moment de dormir. Chacune de ces habitudes rappelle son absence, parfois plusieurs fois par jour.

Ce bouleversement est d’autant plus fort que la vie s’organisait autour de lui. Une personne qui vit seule, une personne âgée dont le chien rythmait les sorties, une famille dont les enfants ont grandi avec le chat : pour eux, ce n’est pas seulement un être aimé qui disparaît, c’est une structure de vie.

Pourquoi la tristesse peut-elle être intense?

Plusieurs facteurs peuvent rendre la peine plus vive :

  • les circonstances du décès : une mort soudaine, un accident, ou à l’inverse une longue maladie qui a épuisé;
  • la décision d’euthanasie, qui laisse souvent un sentiment de responsabilité, même quand elle était la plus humaine des options;
  • la solitude du deuil : l’entourage ne mesure pas toujours la perte. Le psychologue Kenneth Doka a décrit ce qu’il appelle le deuil non reconnu, une peine que la société ne valide pas pleinement. Ne pas se sentir autorisé à être triste rend le chagrin plus lourd;
  • le rôle de l’animal : un chien d’assistance, un animal qui a accompagné une période difficile, ou le dernier lien avec un proche décédé.

Pourquoi chaque personne réagit-elle différemment?

Deux membres d’une même famille peuvent vivre la même perte de façons très différentes. L’un pleure beaucoup, l’autre semble indifférent mais dort mal. L’un veut adopter tout de suite, l’autre ne supporte pas l’idée.

Ces différences dépendent de la relation que chacun avait avec l’animal, de son histoire personnelle, des pertes déjà vécues, de sa façon d’exprimer ses émotions, et de ce qui se passe ailleurs dans sa vie. Aucune n’est plus juste qu’une autre. Comparer les peines, ou les hiérarchiser, n’aide personne.

Les réactions émotionnelles varient selon les personnes et les circonstances du décès. Les émotions ressenties pendant le deuil animalier peuvent évoluer avec le temps.

Comment mieux comprendre ses émotions?

Quelques pistes peuvent aider à y voir plus clair :

  • nommer ce que l’on ressent : tristesse, culpabilité, colère, vide. Le dire ou l’écrire aide à le rendre moins envahissant;
  • reconnaître la valeur du lien : « J’ai de la peine parce qu’il comptait beaucoup pour moi », plutôt que « Je ne devrais pas être dans cet état pour un animal »;
  • repérer ce qui déclenche les vagues de tristesse, pour s’y préparer ou les apprivoiser;
  • donner une forme au souvenir : une lettre, un album, un lieu de recueillement. Au Boisé des Compagnons, à Sainte-Sophie, les familles peuvent disperser les cendres de leur animal en forêt, dans un lieu où elles pourront revenir.

Dans ces moments, la présence et l’écoute de l’entourage sont parfois précieuses. Le soutien que peuvent apporter les proches peut prendre la forme de gestes simples.

Si la peine reste très lourde après plusieurs semaines, ou qu’elle vous empêche de fonctionner, n’hésitez pas à en parler à un professionnel. Au Québec, le 811, option 2 (Info-Social), permet de parler gratuitement à un intervenant, jour et nuit.

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