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Deuil

4 min de lecture

Comment surmonter le deuil de son animal de compagnie?

Les émotions possibles, des gestes pour prendre soin de soi et les signes qu’il est temps de demander du soutien.

Un vieux teckel à poil long assis sur une marche

Le deuil d’un animal de compagnie est un vrai deuil. On ne le « surmonte » pas en tournant la page, mais en laissant la peine prendre sa place, puis en trouvant peu à peu une nouvelle façon de vivre avec son souvenir. Il n’existe pas de durée normale ni de bonne façon de le vivre. Quelques repères peuvent toutefois aider à traverser les premières semaines et à savoir quand demander du soutien.

Pourquoi le deuil d’un animal peut-il être difficile?

Un animal fait partie de la vie de tous les jours. Il était là le matin, au retour du travail, pendant les soirées tranquilles et les périodes difficiles. Sa mort laisse un vide dans chaque routine.

La peine est parfois aggravée par le regard des autres. Une remarque comme « ce n’était qu’un chien » peut blesser profondément et donner l’impression de ne pas avoir le droit d’être triste. Les chercheurs parlent de deuil « non reconnu » pour décrire les pertes que l’entourage ne prend pas toujours au sérieux. Le deuil animalier en fait souvent partie.

La disparition d’un compagnon peut provoquer une tristesse profonde. Comprendre pourquoi cette perte est si douloureuse permet parfois de mieux accueillir ses émotions.

Quelles émotions peuvent accompagner cette perte?

Elles sont nombreuses, et elles ne se présentent pas dans un ordre précis :

  • la tristesse, parfois par vagues, déclenchée par un bruit, une odeur, un objet;
  • la culpabilité : « J’aurais dû voir les signes plus tôt », « Ai-je pris la bonne décision pour l’euthanasie? »;
  • la colère, contre soi, contre la maladie, contre un vétérinaire ou un proche;
  • le soulagement, après une longue maladie, souvent suivi de culpabilité de l’avoir ressenti;
  • l’impression de le voir ou de l’entendre, très fréquente les premières semaines;
  • la fatigue, le manque d’appétit, le sommeil perturbé.

Toutes ces réactions sont courantes. La culpabilité, en particulier, accompagne souvent la décision d’euthanasie. Rappelez-vous que cette décision se prend avec l’information disponible au moment, et presque toujours par amour, pour épargner une souffrance.

Comment prendre soin de soi après le décès?

Il n’y a pas de recette, mais certains gestes aident :

  • Accordez-vous le droit d’être triste. Prendre une journée de congé, pleurer, ne pas avoir envie de voir du monde : c’est normal.
  • Gardez une routine minimale. Manger, dormir, sortir un peu. Les heures qui étaient consacrées à votre animal, comme la promenade du matin, peuvent devenir une marche pour vous.
  • Parlez-en à des personnes qui comprennent. Un ami qui a vécu la même chose, un membre de la famille qui l’a connu.
  • Ne rangez pas tout tout de suite, ni trop tard. Il n’y a pas de bon moment pour ranger sa gamelle. Faites-le quand vous serez prêt.
  • Soyez prudent avec les grandes décisions, comme adopter un nouvel animal dans les jours qui suivent. Certaines personnes en ont besoin, d’autres le regrettent. Attendez de pouvoir accueillir l’animal pour lui-même.

Comment préserver les souvenirs partagés?

Le souvenir n’est pas l’ennemi du deuil. Au contraire, lui donner une forme aide souvent à apaiser la peine.

Certaines personnes trouvent du réconfort dans des gestes symboliques. Les façons d’honorer la mémoire de son animal peuvent prendre des formes simples et personnelles : une lettre, un album, un arbre planté.

D’autres ont besoin d’un lieu. Au Boisé des Compagnons, à Sainte-Sophie, les cendres des animaux retournent à la forêt, et les familles peuvent revenir s’y recueillir. Si cette idée vous parle, nos services de dispersion sont décrits en détail, sans engagement.

Quand demander du soutien?

La peine diminue généralement avec le temps, même si elle peut revenir par vagues, à des dates précises ou sans prévenir. Il est temps de demander de l’aide si, après plusieurs semaines :

  • la tristesse vous empêche de fonctionner au travail ou à la maison;
  • vous n’arrivez plus à dormir ou à manger normalement;
  • vous vous isolez de plus en plus;
  • la culpabilité tourne en boucle;
  • vous avez des idées noires.

Au Québec, le 811, option 2 (Info-Social) permet de parler gratuitement à un intervenant psychosocial, jour et nuit. Votre médecin de famille, votre programme d’aide aux employés ou un psychologue peuvent aussi vous accompagner. L’Ordre des psychologues du Québec offre un service de recherche pour trouver un professionnel près de chez vous.

Si vous avez des pensées suicidaires, appelez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) ou composez le 9-8-8, en tout temps.

Demander de l’aide pour la perte d’un animal n’a rien d’exagéré. C’est reconnaître que ce lien comptait, et qu’il mérite qu’on prenne soin de ce qui reste après lui.

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